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Les « chèques sport » étaient un acquis populaire qui allait dans le bon sens.

jeudi 3 décembre 2009, par Dieter


Budget 2010 de la Communauté française : des milliers d’enfants privés d’une pratique sportive ?

- En 2006, la Communauté française adoptait à l’initiative de son ministre des sports de l’époque, Claude Eerdekens, un « décret relatif à l’insertion sociale des jeunes par le sport, instaurant un "chèque sport" ». Peu de décrets de la Communauté française auront été aussi clairs tant dans leur objectif, l’insertion sociale des jeunes par le sport, que dans le mécanisme proposé, une intervention directe dans les frais d’affiliation à un club sportif pour les enfants de milieu populaire par la remise au club d’un « chèque sport ». Et de fait, le succès a été au rendez-vous. Depuis que les communes ou les CPAS offrent aux familles ayant des faibles revenus ces chèques sports, le nombre de bénéficiaires n’a cessé d’augmenter année après année. Au point qu’il apparaît qu’en 2009, dans des grandes communes comme Charleroi, Bruxelles ou Schaerbeek, le mécanisme profite à un bon millier d’enfants. Le résultat est en tous points positif : les chèques soulagent le budget des familles, permettent à des enfants qui n’y auraient pas eu accès de débuter une pratique sportive encadrée, soutiennent financièrement des clubs sportifs qui désirent développer une politique sociale avec les jeunes et, de surcroît, - les bienfaits du sport sont ce qu’ils sont – participent à une politique de santé, d’épanouissement et d’éducation d’une jeunesse trop souvent en mal de repères.

- Récemment, certaines voix se sont élevées afin de critiquer le système d’attribution des chèques sports. Il serait partisan et peu clair. Le Ministre du Sport du gouvernement de la Communauté française, André Antoine lui-même, justifie, dans une interview au Soir de ce samedi 28 novembre, sa décision de les supprimer car il suspecte des mandataires de les utiliser à des fins électorales. En toute cohérence, le Ministre Antoine n’a qu’à dénoncer au plus vite au parquet concerné tout dossier qui montrerait une attribution irrégulière susceptible d’engendre une suspicion d’abus de biens sociaux. Par ailleurs, si le gouvernement de la Communauté française estime qu’il n’avait pas les moyens de contrôler suffisamment l’attribution des chèques sports, il lui appartient d’en fixer des conditions et de meilleurs mécanismes de contrôle au lieu de supprimer purement et simplement l’ensemble d’un système qui – les chiffres sont là – a quand même bénéficié à des milliers de familles. Pour le reste, ce type de critique simpliste qui pourrait s’appliquer à toute décision politique ne fait en rien avancer la cause des jeunes sportifs désœuvrés.

- Lors de sa proclamation, il nous semblait logique que dans sa Déclaration de politique communautaire 2009-2014, sous le titre d’une « pratique sportive pour tous », le Gouvernement affirme qu’il « évaluera, avec tous les acteurs qui le mettent en oeuvre et, le cas échéant, adaptera le système du chèque-sport pour en encourager l’utilisation auprès d’un nombre plus élevé de jeunes défavorisés ». Trois mois plus tard néanmoins, il apparaît que le Gouvernement de la Communauté française voté par sa majorité a décidé de supprimer de son budget 2010 tout crédit aux « chèques sports ». Beaucoup ont été stupéfaits par cette décision de revenir sur ce à quoi les partis de l’Olivier s’étaient engagés lors la formation du gouvernement de la Communauté française. En particulier car cette suppression s’est décidée sans qu’aucune évaluation avec les acteurs concernés par ce système n’ait été faite. Or, force est de constater que les acteurs concernés sont aujourd’hui placés dans le plus grand désarroi : les communes d’abord, obligées d’annoncer que l’opération prendra fin l’année prochaine, les clubs sportifs ensuite, qui verront diminuer leurs affiliations, les familles de même qui devront supporter l’intégralité de la charge financière qu’impose la pratique sportive dans un club et les enfants enfin qui, majoritairement, par faute de moyens, seront privés de sport.

- Comment comprendre ce choix de faire payer la crise à ceux qui en sont le plus les victimes ? La Communauté française a consacré un budget de 2.000.000 d’euros en 2009 pour financer les chèques-sports. Que représente ce montant au regard de l’investissement massif d’argent public consacré pour faire tourner la F1 à Francorchamps ou pour sauver l’Hippodrome de Wallonie à Ghlin (subventionné annuellement par la Région wallonne à hauteur de 1.700.000 euros …) ? Comment comprendre qu’on abandonne une politique sociale permettant de rendre le sport plus accessible tout en augmentant l’aide publique à des activités de jeux et paris qui ruinent certaines familles ? Ces choix budgétaires – et de politique sportive – posent une foule de questions qui toutes appellent à la même réponse : la santé et le bien-être de nos enfants sont sacrifiés sur l’autel de la crise et d’une logique budgétaire de profit à court terme. Les taxes sur les courses de chevaux rapportent peut-être plus au trésor immédiatement mais l’abandon aujourd’hui de moyens contribuant à rendre le sport plus accessible aura à plus long terme des conséquences sociales – et donc financières – bien plus grandes.

- La Communauté française a besoin d’une politique et de moyens qui permettent aux milieux défavorisés d’entamer et de poursuivre une pratique sportive. Car le sport est un domaine d’utilité publique qui ne doit pas être réservé ni à une élite sociale, ni à une élite sportive. Les « chèques sport » étaient un acquis populaire qui allait dans le bon sens. Leur suppression est injuste et ne peut être ressentie que comme un abandon du principe du « sport pour tous ».

Si vous voulez sousigner cette poinds de vue avec votre clubs : envoyer nous un mails sur : contact@firegym.be

- Ingrid Colicis, échevine de sports de Charleroi,
- Bea Diallo, éechvin de sports de Ixelles
- Carlos Perez, directeur du centre sportif Fire Gym
- Raoul Hedebouw, porte parole du PTB
- Khadija Taghi (Cens Academy)
- Dieter Truyen (BBJJA) (votre club ???)


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